De plume en arbre
Dimanche 17 mai. Deux textes écrits dans la même journée, je crois rêver. Un avant, un après le dîner.
Dans le silence, ma plume est là. Mon adorée ne m’a pas abandonnée. Mais elle me fait mentir. Juste après avoir publié mes funestes pronostics à venir. Petite effrontée. Je ris, soulagée. Plus lyrique que jamais. Elle me caresse la tête détraquée.
Vent et bruine absorbés par la canopée. Vitalité virevoltante, sifflée et chantée. Délicate essence de l’humidité forestière. Moineau intrépide sautillant.
Quitter les sentiers bruyants.
Un voluptueux buisson printanier dissimule la hêtraie. Se frayer jusqu’au cercle magique. Perturbations humaines. Pénétrer plus loin.
Loin des bruits jacassants.
Improviser un mini banc de troncs.
Se poser. Écrire. Humer. Écrire. Écouter. Écrire. Respirer. Écrire. Fermer les yeux. Écrire. Contempler. Écrire. Sourire. Voilà encore qu’elle me fait mentir. Sauvegarder. En profiter. Et rester. Rester. Rester.
Bipède mâle en approche. Sac au dos et tablette à la main. Mes babines de louve frémissent. Déployer mon énergie « ne pas déranger ». Les nuages s’épaississent. La lumière étouffe. Message capté. Il contourne le cercle doré.
Respirer. Et rester. Plonger. Et rester. Humer. Et rester. Échine apaisée.
Fesses engourdies. Se déplier. Contre un arbre s’adosser. Les regarder, les arbres, visages dévoilés. Communiquer. Avec les yeux. Avec le nez. Avec le cœur.
Enlacer mon soutien. Lever la tête. Admirer sa ligne élancée. Toute féminine. Deux bras tendus, je l’ai appelé « le (h)Être Marie ». Le remercier. Nuages écartés. Cercles de soleil parsemés. Tendres plages d’humus sous les pieds. Il est temps de redémarrer.
Attirée par la foudre tombée. Impressionnée. Hommage à la mémoire de ce gisant explosé. Vie déjà recyclée.
Déambuler dans des sentiers peu fréquentés. Admirer la diversité. Feuillus. Épineux. Solides ou creux. Allongé. Toute en rondeur. En triangle. Ovale. La douceur de l’air. De la lumière. Observer un grimpereau ascensionner. Saluer les quadripèdes jouettes, bien plus que leurs maîtres. Et marcher. Marcher. Marcher. Sortie en vue. Surprise par le rouge-gorge qui me coupe la route. Perché sur un piquet, il reste. J’approche. La distance se réduit. Il me regarde. Deux mètres à peine, il semble dire : « Reviendras-tu bientôt ? ».
Trois heures écoulées. Je n’ai rien vu passer. Énergie renouvelée. Terre.
Artemis Richards
Digne et debout, malgré tout.
Catégorie : Plume Libérée
artemisrichards.com
Ici, je nomme ce qui est. Pour tenir debout et créer malgré tout. Ces chroniques sont pour celles qui refusent de faire semblant. Chaque semaine, deux textes.
Si ce texte vous a parlé, envoyez-le à une personne qui en a besoin.
Ce texte fait écho à un autre. Dans Mes refuges. 1. La nature




Le rouge-gorge, signe de renouveau et messager spirituel..., il tombait à pic ;-)
Que cette plume poétique et enjouée m’a fait du bien 🥰